
Le Conseil européen des 20/21 mars 2025 avait à son ordre du jour la question de "l'escalade militaire dramatique au Moyen-Orient » et principalement à Gaza et en Cisjordanie.
La veille même de cette réunion - et en dépit d’un accord précaire de cessez le feu - l’armée israélienne avait repris et intensifié ses attaques aériennes sur Gaza causant près de 500 victimes et portant le total (approximatif) des pertes humaines à environ … 50.000.
En dépit de ces circonstances tragiques, les conclusions adoptées par le Conseil européen SUR CE SUJET sont restées imperturbablement alignées sur les précédentes (on notera qu’il n’est pas fait mention de la provenance des attaques aériennes ...) :
« 5. The European Council deplores the breakdown of the ceasefire in Gaza, which has caused a large number of civilian casualties in recent air strikes. It deplores the refusal of Hamas to hand over the remaining hostages. The European Council calls for an immediate return to the full implementation of the ceasefire-hostage release agreement. It stresses the need for progress towards its second phase, with a view to its full implementation leading to the release of all hostages and a permanent end to hostilities. The European Council recalls the importance of unimpeded access and sustained distribution of humanitarian assistance at scale into and throughout Gaza. This access and distribution, as well as the supply of electricity to Gaza, including for the water desalination plants, must be resumed immediately. »
La presse avait relaté les conditions dans lesquelles le projet de conclusions avait été successivement amendé de manière à atténuer la mise en cause de l’État d’Israël : « The EU has diluted criticism of Israel in a summit communiqué, after Israeli airstrikes killed hundreds of civilians in Gaza » (1) .
Ce décalage persistant entre la gravité d’une « escalade militaire dramatique » et l’extrême retenue des réactions successives du Conseil interpelle. Et ce d’autant plus que celui-ci (ainsi que la Commission et le Parlement) ont coutume de réagir plus promptement et plus énergiquement sur la plupart des conflits se déroulant sur la planète.
De même, l’incapacité de l’UE à adopter une position commune sur le conflit israélo-palestinen dans les instances internationales - notamment onusiennes - est devenue chronique.
Au moment où la coalition gouvernementale en place en Israel s’oriente à présent vers un déplacement massif de la population palestinienne hors de son territoire, cette aphasie européenne est un échec majeur de la « politique étrangère » de l’Union.
À cette occasion, nous reprenons ici de précédentes notes sur ces différents points :
sur « l'impuissance coupable de l’Europe »
https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com/post/gaza-l-impuissance-coupable-de-l-europe (Mai 21) - et https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com/post/gaza-l-impuissance-coupable-de-l-europe-suite-1 (Mai 21)
sur les divisions internes de l’UE:
https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com/post/quand-l-union-se-divise-sur-gaza (Fév 24) et https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com/post/quand-l-union-européenne-se-divise-sur-gaza-retour-sur-image (Oct 24) et https://www.lesamisdutraitedelisbonne.com/post/how-europe-has-heavily-damaged-its-reputation-in-gaza (Avril 24)
sur le « double standard » européen:
sur le Conseil d’association UE-Israêl
Parallèlement, toutefois, le Conseil est parvenu à un accord (à 26 …) sur le cessez le feu en Ukraine.
Beaucoup de chemin reste à faire pour développer une politique étrangère commune au service de laquelle il est à présent question de construire une défense européenne (2).
Jean-Guy Giraud
20 - 03 - 2025
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